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Anne-Aurélie GRIOT - Le 18 Février 2014 à 17:59
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Un article est récemment paru qui donne au lecteur « 5 bonnes raisons de ne pas abandonner Twitter ». Du référencement naturel à la compétitivité en passant par l’importance de saisir de nouvelles opportunités, l’auteur passe en revue les principaux atouts d’une stratégie intégrant Twitter au nombre de ses outils.
 
Rien que de très pertinent. Cela étant dit, certains passages de l’article méritent quelques précisions.
 
Si, comme le rappelle l’auteur, un compte Twitter abandonné fait plus de bien que de mal à l’image de marque, c’est encore plus vrai qu’un compte Twitter pauvre en contenus. La vraie question n’est donc pas de savoir s’il est vraiment pertinent de quitter Twitter quand les résultats sont décevants, mais de savoir s’il faut vraiment y aller quand on est pas sûr de la pertinence de la stratégie de contenus adoptée.
 
L’article met également en garde le lecteur contre la tentation de se faire suivre par n’importe qui – du moins rappelle-t-il qu’un follower n’en vaut pas un autre. C’est du bon sens : un follower très influent (c’est-à-dire très suivi, retweeté, « favé », commenté, etc.) peut valoir mieux que deux followers peu ou pas influents. En revanche, sous prétexte que la qualité prime sur la quantité, on ne doit pas sous-estimer l’importance du nombre dans le déploiement d’une présence social media cohérente.
 
Si peu glamour que cela paraisse, l’acquisition d’une « masse critique » est essentielle à quiconque souhaite bâtir sa notoriété sur des bases saines. Plus large est la portée d’un message, plus grandes sont les chances que ce message parvienne jusqu’aux oreilles des leaders d’opinion. En outre, faire primer toujours le qualitatif sur le quantitatif revient à prendre le moyen pour la fin. Une marque B to C aurait tort de faire passer le leader d’opinion avant le consommateur, qui jusqu’à preuve du contraire reste la « cible » finale.
 
Enfin, l’argument de compétitivité avancé par l’auteur est certes digne d’être pris en compte, dans la mesure où le temps joue pour les précurseurs et contre les suiveurs. Mais là encore, on rappellera qu’il n’est pas toujours bon de calquer sa stratégie sur celle des concurrents. Outre qu’il est parfois nécessaire de « céder » des territoires 
 
Anne-Aurélie GRIOT - Le 24 Octobre 2013 à 09:53

 

Ce chiffre ne vous a peut-être pas échappé : selon le dernier baromètre d'OpinionWay pour Sofinco, 72% des Français considèrent Internet comme leur premier loisir. Vous me direz, il n'y a là rien d'étonnant. Non, ce qui est étonnant, c'est qu'on parle encore d'Internet comme d'une fin en soi comme dans les années 90, plus que comme d'un moyen.
 
Les choses ont bien changé depuis. "Aller sur Internet", aujourd'hui, c'est comme "aller en ville" : cela ne nous dit rien sur la nature des activités auxquelles on se livre. Internet a bel et bien cessé d'être une attraction pour être enfin perçu tel qu'il a toujours été : un moyen de communication. 
 
Ce qui serai alors interressant de la part de cette étude, serai d'apprendre ce que nous y faisons.
 
Car la multiplication des supports (ordinateurs portables, smartphones, tablettes...), fait d'Internet non plus un monde virtuel (comme on a pu le penser, le dire et le répéter dans un premier temps) mais plutôt une autre dimension de la vie de tous les jours. Qui a déjà participé à des apéros Twitter voit bien de quoi il s'agit : la communication via Internet s'est à merveille incrustée dans la communication IRL (In Real Life). Les parents qui demandent à leurs enfants "tu es sur Internet là ?" n'ont pas encore pris la mesure de cette évolution : on ne choisit plus de se connecter ou de se déconnecter d'Internet, on y est connecté 24/7, ne serait-ce que par le biais de son téléphone.
 
Du coup, l'affirmation qu'Internet est, en 2013 comme en 2012, le premier loisir pour 72% des Français a de quoi surprendre. Il serait plus exact de dire que 72% des Français passent en priorité par Internet pour se divertir. Et là encore, nous n'apprendrions rien. Quoi de commun en effet entre une personne qui se divertit en regardant une série en streaming et une autre qui se divertit en communiquant avec des amis sur Facebook ? Quoi de commun entre l'animation d'un Tumblr et le fait de jouer en réseau ? 
 
Étonnamment, alors que la grande majorité des Français ont appris à se servir des réseaux sociaux, on a encore du mal à saisir l'ampleur du changement provoqué par la démocratisation d'Internet et son développement incessant. Le jour viendra peut-être où le terme même d'Internet ne sera plus employé que de manière marginale, les interrogations ne portant plus sur le fait d'aller ou non sur Internet, mais sur ce que nous y faisons concrètement. 
 
Anne-Aurélie GRIOT - Le 1 Octobre 2013 à 22:06
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Le client est roi. Mais certains l'oublient et le font passer pour un gueux. C'est en tout cas l'impression donnée par la dernière vidéo de la marque de luxe Alexander Wang qui est en train de faire le buzz sur Internet.
 
Si vous avez déjà regardé un journal télévisé, où si plus simplement vous êtes amateur de "bonnes affaires", vous avez déjà pu voir jusqu'où des gens civilisés, propres sur eux et bien élevés sont capables d'aller, pendant les soldes, pour mettre la main avant les autres sur la chemise ou le pantalon de leurs rêves. Un spectacle désolant, qui nous fait nous poser cette douloureuse question : "je ressemble à ça, moi, quand je fais les soldes ?"
 
Pourtant, tout le monde ne voit pas les choses sous cet angle. Certains voient même dans la folie consumériste la preuve que les marchandises convoitées valent le détour, et qu'on est prêt à tout - la violence y compris - pour les acquérir. Sans doute est-ce le message qu'a voulu faire passer la marque Alexander Wang en filmant des New Yorkais invités dans un entrepot à s'emparer d'autant de vêtements de la marque qu'ils le souhaitent... gratuitement ! Le résultat tient plus du documentaire animalier à l'esthétique impeccable que du reportage de Capital sur le monde du luxe avec caméra cachée.
 
Le plus étonnant, c'est que cette vidéo, si méprisable qu'elle paraisse, n'a pas provoqué de bad buzz, si on en juge ne serait-ce que par les votes des internautes sur YouTube : 1 240 avis positifs contre 184 négatifs. On a vu plus unanime, mais on ne peut dire qu'Alexander Wang ait du soucis à se faire. Et il est peu probable que cette vidéo impacte le chiffre d'affaires de la marque.
 
Et vous, pensez-vous qu'au-delà d'un certain seuil de notoriété, les marques échappent (pour l'essentiel du mois) aux lois ordinaires du marketing et de la communication ?
Anne-Aurélie GRIOT - Le 25 Juillet 2013 à 12:43
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À moins de vivre sur une île déserte ou d'avoir suivi récemment un programme de désintoxication du web, vous avez sans doute entendu parler de la dernière pub IKEA qui est en train de secouer le public britannique et les internautes sur les médias sociaux. 

 
L'objet du délit ? Deux spots de 3 minutes en moyenne mettant en scène une maison de poupée 100% IKEA. En plus d'être originale, l'idée ferait l'unanimité si les personnages n'étaient pas eux-mêmes des figurines du type Barbie. Une audace digne d'intérêt mais mal accueillie par de nombreux spectateurs, à telle enseigne que le magazine britannique The Sun se demande si la nouvelle pub IKEA n'est pas la "pub la plus glauque de l'année". Rien que ça.
 
Cette réaction du public est des médias peut paraître disproportionnée. Elle est pourtant compréhensible. On ne peut certes parler de vidéos "choquantes". D'ailleurs, elles ont aussi leurs fans. Mais en jouant la carte du "décalé", la célèbre marque n'aurait-elle pas malgré elle émis un message cynique, comparant implicitement le consommateur a une marionnette dont on tire les ficelles dans un monde aussi superficiel qu'artificiel ? Le concept aurait sans doute beaucoup plu traité autrement, par exemple sous la forme de maquettes sur le lieu de vente. À l'écran, en revanche, la prise de recul est difficile : IKEA prône la simplicité et la spontanéité, mais ne montre rien de vivant ni de naturel.
 
Bad buzz ? Peut-être, mais ni crise, ni scandale, ni balle dans le pied. Juste une maladresse de la marque, sans commune mesure avec les polémiques qu'ont pu par ailleurs susciter sa gestion des ressources humaines ou son utilisation des matières premières.
 
Cela étant dit, il est utile et même indispensable de s'interroger sur les raisons de cet échec. Et vous, qu'en pensez-vous ? Selon vous, qu'est-ce qui dérange le public dans ces vidéos IKEA ?
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MICHELLE FERLET - le 22 Juin 2014 à 00:33

 

 

MICHELLE FERLET - le 25 Juillet 2013 à 14:09

Trop long, j'ai zappé...et un petit air de Kate Middleton...qui n'est pas du meilleur effet surtout en ce moment.

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Anne-Aurélie GRIOT - Le 23 Mai 2013 à 12:04

Je l'ai souvent dit - et je ne suis évidemment pas la seule : à l'ère du marketing conversationnel, les marques ne sont plus propriétaires de leur réputation. Plus exactement, elles le sont encore moins qu'avant : en accélérant les échanges, le web social rééquilibre la relation marque-consommateur en faisant pencher la balance vers la demande. 

Le "cas" Abercrombie est une illustration de ce phénomène. La célèbre marque de vêtements, connue entre autres pour la plastique avantageuse de ses vendeurs torse-nus, en fait les frais depuis quelques temps suite à l'initiative d'un jeune entrepreneur du nom de Greg Karber. Élément déclencheur ? Les déclarations du dirigeant d'Abercrombie, Mike Jeffries, estimant que le physique désavantageux de certaines personnes portant du Abercrombie est mauvais pour l'image de marque. 

La réaction de Karber n'a pas tardé. Le mouvement "Abercrombie solidaire" est lancé. Dans une vidéo publiée sur YouTube (plus de 7 millions de vues en 1 semaine), la bête noire d'Abercrombie invite les consommateurs à racheter des vêtements d'occasion de la célèbre marque pour les offrir à des sans-abris. Sur Twitter, le hashtag #fitchthehomeless donne naissance à une véritable fronde contre Mike Jeffries. 

Plus qu'une réaction aux déclarations d'un dirigeant, ce mouvement aboutit ni plus ni moins à une refonte forcée du positionnement marketing d'Abercrombie. Ainsi y a-t-il aujourd'hui deux Abercrombie : celle de Mike Jeffries, et celle des consom'acteurs hostiles aux propos de Jeffries. 

La partie est loin d'être perdue pour Abercrombie, il ne faudrait pas non plus exagérer le pouvoir des consommateurs sur la réputation des marques. Mais Jeffries aura appris que le consommateur ne se contente pas de consommer, il écoute également. 
L'avenir dira quelles leçons Abercrombie en a tiré.

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