« Je me suis lancé sans me fier aux études de marché »

 2007 
20 mars : notre 1er concours d’entreprise remporté… le jour de l’anniversaire de mon père 

 

 2010 
Janvier : le décès de mon associé et le départ de mon frère

 

 

 2016  
Avril :  la 1ère levée de fonds avec Siparex. Ils nous ont fait confiance sans business plan

 

 

 2017 
3 novembre : 10 ans jour pour jour après la livraison de notre premier panier

 

Yoann Alarçon
Président de Potager City

 

Héritier ou entrepreneur ?
Entrepreneur. Le jour où j’ai dit à mes parents que je renonçais à un poste en CDI chez HP pour vendre des paniers de fruits et légumes sur internet, ils m’ont dit que j’étais fou. Surtout que j’ai entraîné mon frère Damien avec moi. Je suis le fils d’un chauffeur de bus et d’une mère secrétaire. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont incité à faire des études et à me battre. Ils m’ont aussi permis de faire du sport. C’est là que j’ai acquis le goût du défi.

 

Plutôt marketing ou communication ?
C’est davantage vers la communication que je veux aller. Pour ce qui est du marketing, nous avions fait une étude de marché en 2006. On nous disait qu’il ne fallait pas y aller car les consommateurs veulent toucher les fruits et les légumes qu’ils achètent. Et que les gens n’aiment pas payer en ligne. Heureusement, je ne les ai pas écoutés.

 

Qui vous conseille ?
Un ami que j’ai récemment recruté. Piergil Pages est responsable de la communication et a un petit peu un rôle d’happyness manager. Il gère aussi les réseaux sociaux et a imaginé d’utiliser des légumes en mascotte. Charlotte Vincent (agence Lug) gère nos relations presse.

 

Le patron est-il le mieux placé pour gérer la communication de son entreprise ?
Pas dans mon cas. Avant l’arrivée de Piergil au cours du dernier trimestre 2017 nous n’avions même pas de plan de communication. Nous communiquions très peu, je n’avais pas le temps de le faire.

 

Quelle expérience avez-vous des agences de communication ?
Pas très bonne. Cela ne s’est pas très bien passé avec les agences avec lesquelles j’ai travaillé. Pour que cela fonctionne, il faut les abreuver sans cesse et avoir une stratégie, car ce n’est pas elles qui vont vous la faire. Depuis que nous avons fait notre levée de fonds, nous recevons deux appels entrants par semaine.

 

Votre meilleur coup en marketing/communication ?
Ce sont les journées producteurs. On fait visiter les exploitations de nos producteurs locaux à nos clients. Et il y a un pique-nique pour le déjeuner. Les gens sont très satisfaits.

 

La communication est-elle dangereuse ?
Oui car on peut dire tout ce qu’on veut. Par exemple, tout le monde se dit respectueux des producteurs, mais ce n’est souvent qu’un discours. À quoi ça rime de mettre la photo d’un agriculteur sur une brique de lait s’il n’est pas mieux rémunéré ? Ce qui me gêne avec la grande distribution c’est qu’ils mettent dans les rayons côte à côte des marques respectueuses et d’autres qui ont un comportement catastrophique. Pourquoi garder les deux et ne pas juste prendre celles qui ont des valeurs ? Parce qu’ils font du marketing. 

 

Êtes-vous un patron tendance Martinet ou Michelin ?
Plutôt Henri de Castries. Il a fait d’Axa une belle entreprise et il a su s’effacer au bon moment. Un patron omniprésent étouffe ses équipes. Je le vois bien moi-même : quand je participe à une réunion, les participants attendent de savoir ce que je pense. Alors je ne participe pas à toutes les réunions. 

 

Tablette ou papier pour vous informer ?
Je lis beaucoup la presse en ligne, je suis abonné à de nombreux fils d’actualités car les idées ne me viennent pas en étant assis à mon bureau. Mais je lis vraiment en diagonale car j’ai peu de temps à moi.

 

Les journalistes, amis ou ennemis ?
Plutôt amis, même si ma confiance m’a déjà joué des tours. Un journaliste m’avait demandé à quel réseau j’appartenais. La façon dont ma réponse avait été tournée laissait entendre à tort que je fuyais le « vieux monde ». Je l’ai dit au journaliste qui a accepté de publier un rectificatif. Après je ne suis pas rancunier : soit il m’a mal compris, soit je me suis mal exprimé.