« Depuis le JT de France 2, nous sommes submergés de candidatures »

 1971 
Naissance

 

 

 1993 
 Master économie et finances

 

 

 1994 
DESS Product management

 

 

 1996 
Fonction finance pour Cadbury-Schweppes en Angleterre

 

 

 1999 
Développement de marques pour Coca-Cola puis Orangina-Pampryl

 

 

 2006 
CFO puis PDG pour Merck médication familiale

 

Stéphane Mathieu
Directeur général de Sigvaris ESW

 

Héritier ou entrepreneur ?
Un peu des deux… Je dirige cette entreprise de 750 salariés spécialisée dans la compression médicale depuis mars 2017. Je suis porteur de l’héritage de la famille de mon prédécesseur. Il avait ancré cette entreprise de la Loire dans la région et, en même temps, je souhaite entreprendre de nouvelles dynamiques.

 

Êtes-vous plutôt attiré par le marketing ou la communication ?
Paradoxalement, ni l’un ni l’autre. Pour moi, les deux sont simplement de nobles moyens pour répondre aux besoins de nos patients et consommateurs. Ce n’est pas une fin en soi.

 

Le patron est-il le mieux placé pour gérer la communication ?
Oui, pour la communication sur l’entreprise. Mais, il est important d’avoir des relais car la communication ne peut être portée seul. La stratégie et la ligne directrice sont de ma responsabilité, mais j’aime travailler dans la co-construction. Depuis que je suis arrivé, j’ai libéré la parole. À terme, j’aimerais que tous mes collaborateurs deviennent des porte-parole au quotidien.

 

Qui vous conseille ?
Je m’appuie sur une équipe interne de trois personnes, ainsi que sur l’agence de presse parisienne Comfluence. Elle travaille avec nous depuis mon arrivée chez Sigvaris. Côté marketing, nous avons une vingtaine de personnes.

 

Quelles qualités attendez-vous d’un directeur marketing/communication ?
Qu’il soit capable d’investir dans la compréhension de sa cible : en externe, il s’agit des besoins des consommateurs et patients, et en interne de ceux des collaborateurs. Ils doivent être capables de bien appréhender le mix média proposé aujourd’hui.

 

Quelles expériences avez-vous des agences ?
J’aime collaborer avec des agences capables de me challenger et de challenger l’organisation, de nous faire sortir des sentiers battus. En la matière, j’ai eu de très bonnes expériences par le passé pour Orangina et Apaisyl. Nous avions revu complètement les codes de communication. J’apprécie beaucoup ce type d’approches disruptives si elles sont liées à un besoin consommateur. Autre bel exemple avec Sigvaris : depuis le 1er octobre nous avons une campagne en radio. C’est une première pour notre secteur d’activité.

 

Quel est votre meilleur coup en marketing/communication ?
Il est récent. Nous avons travaillé sur une campagne positive avec Pôle Emploi autour d’une méthode de recrutement par simulation. Nous sommes passés au JT de France 2 il y a quelques semaines. C’est une belle réussite car il s’agissait d’un travail de fond de l’équipe et les médias sont venus naturellement à nous… Depuis, nous sommes submergés de candidatures. Pour les collaborateurs, entendre parler de leur entreprise sur un média national, c’est extrêmement valorisant.

 

La communication est-elle dangereuse ?
Dans le contexte actuel, oui. La multiplication des supports digitaux entraîne la difficulté de contrôler sa communication.

 

Pour vous informer : tablette ou papier ?
Je suis terrible là-dessus. Je suis de l’ancienne génération, j’ai besoin de sentir le papier. J’en ai des tonnes sur mon bureau. Mais en même temps, tous les matins, je fais une revue en ligne sur mon smartphone. Je suis un boulimique de l’information, j’y consacre au moins une heure par jour !

 

Qui sont les meilleurs patrons en France pour la communication ?
Leclerc est particulièrement bon, quoi que l’on pense du contenu. Il y a également Emmanuel Faber, le nouveau patron de Danone.