« La publicité TV d’un concurrent nous a fait vendre plus de boules »

 1959 
Naissance

 

 1980 
Entrée dans l’entreprise familiale

 

 1993 
Rachat de JB, son principal concurrent

 

 1995 
Présidence d’Obut

 

Pierre Souvignet
Dirigeant d’Obut à Saint-Bonnet-le-Château dans la Loire

 

Héritier ou entrepreneur ?
Héritier puisque c’est mon grand-père qui avait créé l’entreprise en 1955. Mais évidemment entrepreneur, puisque dans une entreprise familiale, il faut recréer et entreprendre tous les jours.

 

Le patron est-il le mieux placé pour gérer la communication de son entreprise ?
Gérer non, car il doit déléguer l’opérationnel. En revanche, impulser et donner l’orientation, oui c’est certain. Il est important de bien piloter les cycles de communication.

 

Qui vous conseille en interne ? Et avec quelles agences travaillez-vous ?
Nous travaillons depuis plus de 30 ans avec l’agence ligérienne MB Développement. Elle est indépendante, mais presque intégrée puisqu’elle ne travaille pratiquement que pour Obut. Les deux chargées de communication ont même des bureaux dans nos locaux. Nous ne faisons plus de spots télé depuis longtemps, mais nous publions toujours quelques publicités dans des journaux spécialisés. L’agence travaille aussi sur tout l’événementiel. C’est d’ailleurs sur ce point que nous axons notre communication, avec du sponsoring de compétitions retransmises à la télévision par exemple. Pour la réalisation des supports (catalogues, flyers, etc.), nous avons longtemps travaillé avec GN Partner à Saint-Étienne, mais depuis trois ans, nous collaborons avec Kosmoss, à Saint-Étienne aussi. En parallèle Romain, mon fils à qui je commence à transmettre l’entreprise, occupe la fonction de directeur de la communication et du marketing.

 

Quelles qualités attendez-vous de vos prestataires en communication ?
Qu’ils soient à l’écoute du chef d’entreprise, mais aussi des salariés. Qu’ils se mettent à notre niveau, sans vouloir aller trop loin en dénaturant notre identité et notre histoire.

 

Quel est votre meilleur coup en communication ?
Cela remonte à 30 ans. À l’époque où nous faisions des pubs à la télévision. Nous avions atteint une belle notoriété spontanée. À tel point que quand notre concurrent, JB [rachetée en 1993 par Obut, NDLR] a fait sa campagne télé, les retombées ont été au final extrêmement positives pour nous. Les centrales d’achat de la grande distribution se trompaient et pensaient que c’était notre campagne. Pour eux, boules de pétanque c’était forcément Obut ! Évidemment, je ne les contredisais pas. C’était vraiment très drôle.

 

Êtes-vous un patron tendance Martinet ou Sénard ?
Je suis plutôt réservé. Je communique, mais au nom de l’entreprise, pas au nom de Pierre Souvignet. Je ne souhaite pas focaliser l’image d’Obut sur moi, car je ne veux pas faire porter ce fardeau à mon fils.

 

Une campagne qui vous a marqué ?
Ah oui… « Demain j’enlève le bas ! ». Je ne sais plus pour qui c’était, mais elle a vraiment fait parler d’elle.

 

Pour vous informer : tablette ou papier ?
Je suis plutôt tablette en temps normal et papier lorsque je suis en mode détente. Je picore les articles pendant deux ou trois jours. Je lis Les Échos, Le Monde, etc. 

 

Les journalistes ? Amis ou ennemis ?
Ce ne sont pas des ennemis, mais il faut entretenir des relations cohérentes avec eux, ne pas franchir la ligne rouge. Nous n’avons jamais eu de problème. Même lorsque nous avons plaidé coupables dans l’affaire de favoritisme de certains distributeurs que nous reprochait la DGCCRF. J’ai appris le jugement alors que j’étais à l’étranger, par des messages de journalistes justement. Je crois que nous avons bien géré cette crise en répondant honnêtement à toutes les questions.

 

Qui sont les meilleurs patrons pour la communication ?
Jacques-Antoine Granjon, le patron de Vente-Privée.com. J’adore son style.