« Si vous ne challengez pas les agences, elles s’endorment »

 1987 
Diplômé de l’École Supérieure de Commerce de Grenoble puis d’un MBA à l’INSEA.

 

 1988 
Auditeur au sein du groupe Arthur Andersen.

 

 2003  
Directeur des opérations à Conforama Italie.

 

 2009 
DG de Marionnaud Europe du Sud.

 

 2017 
Président du groupe Go Sport, dont l’actionnaire majoritaire est Rallye qui contrôle aussi Casino.

André Ségura
PDG de GO Sport

 

Héritier ou entrepreneur ?
Plutôt entrepreneur. Mon père était un simple promoteur immobilier. Grâce à mes études, j’ai pu accéder à des postes à hautes responsabilités, d’abord chez Arthur Andersen puis dans la distribution. L’école de la distribution requiert de l’effort, de la pugnacité et aussi de la clairvoyance en matière de chiffres, ce qui m’a permis de réussir dans ce domaine. 

 

Plutôt marketing ou communication ?
Je suis plutôt communication. Je la vois sur trois niveaux : d’abord vers les consommateurs, elle consiste à proposer un bon rapport qualité-prix et de belles expériences. Ensuite vers l’interne, afin que les collaborateurs du Groupe GO Sport aient une vraie fierté d’appartenance à l’entreprise et que l’on soit capable d’attirer les meilleurs. Enfin, la communication au sein du secteur d’activité est importante pour attirer les meilleurs fournisseurs.

 

Le patron est-il le mieux placé pour gérer la communication de son entreprise ?
Pas forcément, mais c’est lui qui doit avoir la meilleure vision du but à atteindre. Si c’est un bon patron, il la partage avec ses collaborateurs qui sont, eux aussi, capables de bien communiquer.

 

Qui vous conseille ?
L’agence Marcel pour la communication de GO Sport et Burson-Marsteller i&e pour les RP. Au sein des comités de direction, je m’entoure d’experts venant de tous horizons, notamment de la distribution, de pure players, qu’ils soient du monde sportif ou pas, de l’univers coopératif, c’est enrichissant. 

 

Qu’est-ce qu’un bon directeur marketingcommunication ?
D’abord, il doit être pragmatique et bien hiérarchiser les enjeux pour mettre au bon endroit le bon investissement sur les bons supports. Par exemple, il ne va pas pousser uniquement les réseaux sociaux ou le digital alors qu’il faut faire venir des clients en magasin.

 

Quelles expériences avez-vous des agences ?
On a les agences qu’on mérite ! Il ne faut pas leur donner trop de poids et attendre tout d’elles, mais elles nous font quand même bouger. Si vous ne les challengez pas suffisamment, elles s’endorment en reconduisant année après année les mêmes recommandations. Il faut faire des appels d’offres tous les deux ou trois ans, pour les stimuler et les faire réfléchir à des idées nouvelles.

 

Votre meilleur coup en marketing/communication ?
L’opération Photobomb dans notre magasin GO Sport République en 2015. Cette caméra cachée avec les joueurs du PSG a fait le buzz avec plus de 4 millions de vues. Et aussi, en décembre 2017, l’idée de dévaliser un magasin GO Sport en 6 minutes. En capitalisant sur des influenceurs, comme Tibo Inshape, nous avons pu donner de la visibilité à GO Sport à moindre coût.

 

Tablette ou papier pour vous informer ?
Les deux. Je consulte beaucoup de médias spécialisés en « sporting goods industry » et des magazines généralistes comme Le Point ou L’Express. En interne, nous bénéficions des revues de presse du groupe Casino, notamment autour du retail.

 

Les meilleurs patrons en France pour la communication ?
Emmanuel Faber, le patron de Danone, ou bien Xavier Niel, le patron de Free. Il incarne bien cette nouvelle génération d’entrepreneurs qui cassent un peu les codes dans leurs façons de communiquer.