Débloque-Notes
Jacques Simonet
Directeur d'InterMédia
le 4 Novembre 2018
Aventures médiatiques

Deux médias lyonnais emblématiques vont disparaître. En tout cas sous leur nom actuel : TLM et Acteurs de l’Économie. Les deux viennent d’être rachetés par des groupes nationaux. Une fin de cycle pour ces entreprises qui fêtent l’une ses 30 ans (TLM) et l’autre ses 20 ans (Acteurs).

 

Les deux ont un long passé de pertes vertigineuses. Acteurs totalise plus de 2 M€ de pertes depuis ses débuts et TLM en a perdu dix fois plus. Sans de généreux investisseurs — des patrons fortunés —, ils n’auraient jamais pu survivre aussi longtemps. Mais il y a toujours un moment où les donateurs les plus zélés finissent par se lasser.

Le parallèle s’arrête là. 

 

Destins croisés.

 

TLM est une télévision locale, Acteurs est un magazine économique régional. La première avait fini par trouver un modèle économique viable après que Laurent Constantin en a pris la présidence il y a quatre ans. 

L’autre au contraire s’enfonce chaque année un peu plus avec un résultat net négatif qui grossit à chaque exercice malgré l’augmentation de son chiffre d’affaires. 

 

L’avenir de TLM semble maintenant assuré. La chaîne est rachetée par Altice, un groupe puissant, qui a le vent en poupe dans le monde médiatique et va investir quelques millions à Lyon. En 2019, BFM Lyon doit succéder à TLM Lyon.

Je serai moins optimiste pour Acteurs de l’Économie qui vient d’être racheté par l'hebdomadaire national La Tribune, une entreprise beaucoup moins solide que le groupe Altice. En effet, la société de Jean-Christophe Tortora affiche elle aussi des pertes. Une société en mauvaise santé rachetée par une société dont la santé est pire, c’est un peu l’aveugle au secours du paralytique.

 

Si TLM se prépare à rebondir sous un nouveau nom, Acteurs va disparaître du paysage devenant un simple bureau régional de La Tribune. Son équipe alimentera l’hebdomadaire économique et le site Latribune.fr en informations locales. 

 

Incertitudes multiples.

 

Certes on annonce un site régionalisé pour La Tribune, mais on se demande comment il pourra exister dans les esprits sans une appellation distinctive. Or l’hebdomadaire Tribune de Lyon risque de réagir assez vivement si apparaît sur le marché un autre Tribune-Quelque-Chose

Mais surtout, Acteurs va sans doute perdre tous ses annonceurs. Ceux qui achetaient de pleines pages de publicité pour soutenir un titre lu par le patronat lyonnais seront moins enclins à financer une Tribune qui les indiffère. Et dont l'influence est moindre que celle du quotidien économique Les Échos.

 

Et quid des problèmes judiciaires de la société lyonnaise qui est mal engagée dans un procès avec DG Communication ? Elle a été condamnée en première instance (418 k€) et on attend le résultat de l’appel.