Débloque-Notes
Jacques Simonet
Directeur d'InterMédia
le 9 Août 2018
Sur une enquête européenne

À l’heure où vous allez peut-être partir à l’étranger et comparer les fuseaux horaires, la Commission européenne a lancé une consultation internationale sur internet. Objectif : savoir si les citoyens des pays de l’Union souhaitent conserver l’heure d’été. 

Vous pouvez contribuer jusqu’au 14 août : 

Vous constaterez que répondre aux cinq questions est simple et rapide. On se demande pourquoi les dirigeants de la « start-up nation » n’utilisent pas ce moyen moderne pour connaître les attentes des Français. Il est vrai qu’une consultation publique c’est une prise de risque alors qu’un sondage discret n’engage à rien.

Cependant, vous avez pu voir dans notre numéro spécial sur La communication des collectivités que des villes de la région expérimentent avec succès les plateformes comme CitizenLab, Civocracy ou People2join.

 

À l’heure du IIIe Reich.

Dommage que la consultation ne porte pas sur notre fuseau horaire français. Car on pourrait quand même se demander s’il est judicieux d’avoir la même heure à Paris qu’à Berlin. Un héritage de la 2e Guerre mondiale.

Les nazis avaient mis la zone occupée à l’heure du Reich, ce qui était quand même plus pratique. Le gouvernement de Vichy qui n’était pas très résistant avait suivi pour la zone nono (non occupée). Il faut dire qu’une plombe de décalage entre Paris et Marseille c’était moins pratique. 

À la Libération, nous avons conservé l’heure allemande malgré le décalage avec l’heure solaire, décalage qui s’accroît en allant vers l’Ouest : à Brest, le soleil se lève 45 minutes plus tard qu’à Strasbourg. 

C’est assez déroutant pour nos horloges biologiques. Et cocasse, puisque nous avons, depuis la guerre, une heure d’avance sur l’Angleterre alors que nous sommes à sa verticale.

 

De l’Atlantique à l’Oural.

Finalement on a instauré une heure unique pour toute l’Europe ou presque (Central European Time : CET). Et l’Europe c’est vaste. Pour Berlin, capitale plantée au beau milieu, c’est parfait. Moins pour le port de La Corogne en Espagne qui est encore plus à l’ouest que Brest.

Dans l’immeuble d’InterMédia se trouve le bureau français d’une société polonaise. Quelle chance d’avoir la même heure qu’à Varsovie ! Ce serait parfait si les Polonais n’arrivaient pas au bureau aux aurores pour rentrer dîner chez eux à 16 h 30.

Mais il y a mieux (ou pire). De l’autre côté de la frontière polonaise, c’est l’heure de Moscou qui s’applique presque jusqu’à l’Oural. Comme la Russie n’a pas d’heure d’été, actuellement il n’y a que 60 minutes d’écart entre la montre du marin de La Corogne et celle du Tatar de Kazan sur la Volga. 

Les migrants, le grand problème de l’Europe ? Non : les fuseaux horaires.