Débloque-Notes
Jacques Simonet
Directeur d'InterMédia
le 11 Décembre 2017
À la benne InterMédia ?

Récemment, je suggérais à la dirigeante d’une agence qui s’est spécialisée dans les questions d’éthique de s’abonner à nos publications. Sa réponse m’a un peu déconcerté : « Je ne préfère pas, me dit-elle, je suis engagée dans une démarche zéro déchet. »

 

Après m’être assuré qu’elle ne voulait pas dire par là que nos publications étaient des rebuts, je comprends ce que cela signifie : je ne m’abonne pas à des publications imprimées pour préserver la nature. 

Encore un exemple de la drôle d’idée selon laquelle le digital serait plus propre que le print.

 

 

Écolo le web ?

 

Car s’il y a un truc qui va poser des montagnes de problème à l’humanité, c’est bien le web. 

 

En effet : 

• Le papier se recyle même si cette opération a des limites (pas plus de cinq fois et encore, dans certaines conditions),

• Le papier non recyclé, même chargé d’encres plus ou moins agressives, a tôt fait d’être digéré par Mère Nature. Qui apprécie moins, par contre, les composants électroniques qui sont produits par millions pour nos ordinateurs, smartphones et autres tablettes. Après usage, on pourra toujours en faire des terrils comme pour les résidus de la mine.

• Si on considère les coulisses du web (satellites, serveurs, datacenters, millions de kilomètres de câbles…) le plateau de la balance penche de plus en plus.

• Ne parlons pas du pillage de ressources naturelles comme les métaux précieux. Voici de beaux conflits en perspective (dans les pays du tiers monde, nous sommes sauvés).

• Alors que les livres se conservent des siècles, beaucoup de supports numériques datant des années 80 ou 90 sont déjà inexploitables. Et pas compostables.

Restent les terrils.

 

Impalpables les bitcoins ?

 

Last but not least, il faudra bientôt une tranche nucléaire pour alimenter chacun des énormes data centers qui sont en train de se mettre en place. 

 

Justement, je découvre dans Le Monde un étonnant article sur le bitcoin, cette monnaie virtuelle qui agite le gotha de la finance. Dans sa chronique du 5 déc. 2017, Stéphane Lauer nous alerte sur son caractère énergivore. En effet, chaque transaction de cette devise dans le cloud mobilise des milliers d’ordinateurs. Il affirme : « Une seule opération consomme autant d’électricité qu’un foyer américain en une semaine ».

 

En conclusion, chère Madame, je vous en prie : faites un geste pour la planète ! Abonnez-vous à InterMédia.

 

Et si vous voulez vraiment nous consommer sur écran : pas de souci, nous avons ça aussi en rayon.

Il faut bien vivre avec son temps.