Débloque-Notes
Jacques Simonet
Directeur d'InterMédia
le 22 Octobre 2017
Blend Web Mix (et mixte aussi)

©Denis Chaussende

En 2016, seulement 20 % des intervenants étaient des femmes. Elles seront 45 % cette année.

 

 

En lisant le dernier InterMédia, une précision dans l’article consacré au Blend Web Mix a pu vous surprendre : 45 % des conférenciers de ce rassemblement d’experts du digital seront des conférencières. 

Autant dire qu’il y aura autant d’intervenantes que d’intervenants pour animer la centaine de prises de parole devant les 1 500 participants qui sont attendus à Lyon cette semaine. Quand on sait que dans la plupart des grands rendez-vous d’experts touchant les domaines scientifiques ou techniques la proportion serait plutôt 5 à 10 %, il y a de quoi être intrigué.

D’autant que, plus le niveau est élevé moins elles sont nombreuses. Or les interventions du Blend seront plus pointues que les années précédentes.

 

Un site de conférencières pointues.

Sur la sous-représentation féminine dans les rencontres de haut niveau, je vous renvoie à l’enquête publiée dans Le Monde du 13 octobre : « Le sexisme perdure (aussi) chez les économistes ».

On y apprend que si une seule femme a obtenu le Nobel d’économie depuis sa création, ce n’est pas parce que les femmes ne s’intéressent pas à cette discipline (aux USA, 31 % des doctorants en économie sont des doctorantes).

Dans le RePEc, le répertoire mondial des économistes, les femmes ne sont que 19 %. Soledad Zignago (économiste à la Banque de France) renchérit : « Elles sont également moins présentes dans les médias et sur les réseaux sociaux. »  Pour Shelly Lundberg de l’American Economic Association « Cela relève encore du réflexe : lorsqu’on pense expert, on pense homme ». 

Mais les choses bougent : le site Expertes.fr propose un annuaire rassemblant près de 3 000 Françaises faisant autorité dans tous les domaines. Les médias sont invités à y puiser sans retenue. 

 

Techos au féminin.

Si le Blend fait une place aussi large aux développeuses, consultantes et autres chefs de projet, cela n’est dû qu’à la volonté acharnée des organisateurs de rééquilibrer leur plateau d’intervenants.

 

Pierre Ammeloot (photo), responsable de l’organisation, explique que cela n’a pas été facile d’autant que seul le mérite devait présider au choix des personnes invitées à prendre la parole. Il n’était pas question d’aligner des femmes dans le seul but de faire du politiquement correct. 

Trois associations ont apporté leur concours pour leur recrutement : Girlz in web, Social Builder et Les Duchess (de pures « techos » pour ces dernières). Malgré cela, la moitié des filles sollicitées ont décliné l’invitation, estimant ne pas être à la hauteur.

 

Ce qui renvoie à ce constat du Monde : « Nombre [de femmes] refusent de prendre la parole dans les médias ou en conférence, lorsqu’elles ont le sentiment de ne pas maîtriser un sujet à 100 %. Des scrupules dont s’encombrent moins leurs homologues masculins ».