Débloque-Notes
Jacques Simonet
Directeur d'InterMédia
le 2 Mai 2017
Indice économique d’injures

 

 

Vous croyez que Bloomberg produit des études macroéconomiques pointues ? Quelle erreur ! Ce groupe financier new-yorkais est en réalité animé par des plaisantins qui s’amusent à quantifier des données aussi primordiales que le nombre d’injures proférées par les grands patrons américains en public.

 

Mille sabords !

 

Voilà une étude qui semble surtout motivée par l’envie de faire rire le bon peuple au détriment de ses capitaines d’industrie. Sauf que… ce serait vraiment un indicateur de la santé économique mondiale. 

En effet, les statisticiens constatent une corrélation entre la grossièreté des patrons et la conjoncture. Sans doute stressés par la crise, ils se sont montrés particulièrement goujats dans les interviews et lors des conférences de presse après la récession de 2008.

Les quatre injures les plus éructées par les patrons américains sont : shit (merde), goddamn (nom de dieu), fuck (va te faire…) et asshole (connard).

Non seulement ces gens-là sont de grossiers personnages qui perdent leurs nerfs face aux journalistes, mais en plus ils n’ont pas d’imagination. Leurs plus obscurs salariés feraient sans doute preuve de plus de créativité dans l’invective. 

 

Cornichons diplômés ! 

 

Si les managers américains avaient biberonné à Tintin et Milou dans leur jeunesse comme — j’imagine — leurs homologues belges, ils auraient acquis un tout autre vocabulaire au contact du capitaine Haddock. Je rappelle quelques-uns de ses jurons parmi plus de 200 recensés non pas par Bloomberg mais par Wikipédia : bachi-bouzouk, bougres de faux jetons à la graisse tartare, jus de poubelle…

Sans oublier : amiral de bateau-lavoir, qui vaut bien le capitaine de pédalo lâché par Mélenchon pour ridiculiser François Hollande. Lequel n’a pas survécu à cette torpille de bénitier.

 

Saleté d’appareil à sous !

 

Après les pics d’injures de 2010 et 2012 (voir graphique), on a enregistré un net raffinement du discours des dirigeants américains.

Dès 2014, le patronat américain est revenu à plus de mesure. Sans qu’on sache si ce langage plus châtié est l’effet de la satisfaction de voir les carnets de commandes se remplir ou de la réprobation de leurs familles devant ce manque de savoir-vivre qui s’étale au grand jour.

 

Ces Ostrogoths ont quand même un cœur.