Débloque-Notes
Jacques Simonet
Directeur d'InterMédia
le 13 Avril 2017
Si ma Tante en avait...

Lu dans Acteurs de l’Économie : « Le Crédit Municipal de Lyon vient d’ouvrir une agence à Clermont-Ferrand ». Pour ceux qui l’ignorent, le Crédit Municipal est une banque un peu spéciale puisqu’elle accorde des prêts sur gage.

 

Arnaud Rousset, le directeur général du Crédit Municipal Auvergne-Rhône-Alpes explique que ce système de crédit est : « une solution moderne, éthique et sociale qui permet de faire face de façon rapide, discrète et efficace à des difficultés financières plus ou moins longues et importantes. »

Il se trouve que je termine L’Assommoir de Zola. Je suis un peu surpris par la modernité d’un système de crédit qui était déjà bien vivace il y a 150 ans, à l’époque où se déroule le roman. Le « mont-de-piété », comme on disait alors, était le dernier recours des miséreux comme la pauvre Gervaise, l’héroïne.

 

On préférait d’ailleurs employer des expressions qui sentaient moins la déchéance. Quand on évoquait le bijou ou le bibelot gagé qui avait mystérieusement disparu du ménage, on préférait dire qu’il était « au clou » ou « chez ma tante ».

 

 

... elle ferait du storytelling.

 

Je comprends la volonté du directeur du Crédit Municipal de mettre l’accent sur le côté toujours actuel d’une forme de crédit passée à l’âge informatique plutôt que sur une filiation qui sent un peu la misère ouvrière sous le Second Empire.

 

D’autant que le Crédit Municipal qui a aujourd’hui le monopole du prêt sur gage en France exploite des agences qui ne dépareilleraient pas les banques les plus prospères. 

 

Mais quand je pense à toutes ces entreprises qui veulent faire du storytelling alors qu’elles n’ont manifestement pas grand-chose à raconter… Au Crédit Municipal au moins l’histoire court depuis le moyen âge et ses dirigeants peuvent compter sur des concepteurs-rédacteurs aussi efficaces que Balzac ou Zola.

Libres de droits d’auteur.

 

 

Si Google pouvait nous lâcher...

 

Sinon, lu par ailleurs dans FrenchWeb : « Google annonce la mort du moteur de recherche traditionnel et l’avènement de l’Âge de l’assistance »

Nous avons dépensé des milliards pour référencer nos sites dans les moteurs de recherche et ils seront bientôt obsolètes ? Et dire qu’on ne peut même pas gager nos pages Facebook au Crédit Municipal pour se refaire — sans doute ne valent-elles pas très cher.

 

Il est vrai que cela devient pénible pour les internautes de se coltiner d’interminables listes de réponses à la moindre question (pour « Crédit Municipal : 971 000 résultats en 0,54 seconde »)

 

Avant il fallait effectuer de fastidieuses recherches dans les livres imprimés. Maintenant, il faut faire de fastidieuses recherches dans les réponses digitales. Progrès très moyen.

D’autant que généralement ce qui monte en premier dans les listes ce sont des liens publicitaires ou des sites de e-commerce qui nous informent bien volontiers… de leurs meilleures offres.

Heureusement dans « l’Âge de l’assistance », nous promet Google, on n’obtiendra qu’une seule réponse à notre question : la bonne. 

 

Je me doute du résultat : une publicité.