Débloque-Notes
Jacques Simonet
Directeur d'InterMédia
le 22 Janvier 2017
Jésus de retour ?

 

En tout cas, il est dans les kiosques où j’ai récemment découvert ce magazine. Et ce n’était pas à La Procure, mais dans une très mécréante Maison de la presse alimentée par les Messageries Lyonnaises de Presse. Une entreprise qui diffuse assez peu de messages divins et dédaigne les bulletins paroissiaux.

 

Mais bon sang (bon Dieu devrais-je dire ?), que venait faire Jésus en couverture d’une revue consacrée à « la grande aventure de la nourriture » et illustrée par Idi Amin Dada en train de « boulotter » un de ses ministres ? Même après une lecture attentive je ne pigeais pas. J’ai donc posé la question à son éditeur qui crèche (oui, bon…) à Paris comme indiqué dans « l’ours » (le générique d’un journal). Je reconnais que c’est assez surprenant : Jésus a le téléphone.

 

Après avoir récité dans le combiné un Pater et un Ave pour amadouer la sœur tourière, j’ai eu le droit de questionner un des disciples qui m’accorda quelques instants entre un comparatif d’hosties bio et une dégustation de vin ecclésiastique (mais avec modération). En définitive, les choses sont assez terre à terre : cette revue trimestrielle a été lancée par une agence de communication qui s’appelle… Jésus et Gabriel. 

 

Nourritures terrestres.

 

Jésus et son archange Gabriel ont en effet fondé une agence spécialisée dans le food. L’équipe qui n’inspire pas la mélancolie commence à faire parler d’elle à Paris (et aussi à Marseille où elle installé quelques cloches à portée de vue de la Bonne Mère). 

 

L’agence travaille notamment pour le Clan Campbell (des disciples écossais), Mikado (japonais) et Milka (suisses). Il faut dire que c’est une secte qui se répand très Quick (autre client) dans le monde. 20 000 convertis déposeraient tous les trois mois leur obole de 4,90 € dans les troncs des chapelles érigées sur les trottoirs.

 

Le credo des fidèles tient en quelques phrases : « Ce qui nous a animés dans la création de Jésus, ce n’est pas tant l’amour de la bouffe que l’intérêt pour le rapport entre les gens et ce qu’ils mangent. Ce magazine, qui aurait pu s’appeler Le lien, s’interdit par principe toute photo de recettes et a trois mots d’ordre. Du récit. Du récit. Du récit. »

 

De fait, voilà une revue captivante, avec des articles parfois déroutants. Je vous recommande le reportage « Culture Kub » qui raconte comment Nestlé a envahi l’Afrique avec son bouillon, grâce à une publicité digne de Coca Cola. Amusant : certaines Africaines soucieuses de la bonne santé de leurs fesses rebondies consommaient les très nourrissantes tablettes… en suppositoire — après avoir arrondi les angles, je suppose.

 

 Je vous laisse acheter Jésus Magazine si cela pique votre curiosité. Le n° 3 est en kiosque.

 

Il comporte une étonnant dossier "La bouffe est-elle de droite ?" qui va sûrement passionner Emmanuel Macron à propos duquel on se pose la même question. C'est en effet l'agence Jésus et Gabriel qui fait la communication du candidat à la Présidentielle. 

 

On comprend mieux la hauteur de vue des discours de l'intéressé, sa ferveur christique et ses phrases enflammées dont on peut penser qu'elles sont directement inspirées par l'Esprit Saint.

D'ici à ce que des langues de feu descendent sur les participants à ses meetings...