Valérie Desgrandchamps
| RP, les défauts de leurs qualités (et vice-versa)
Attachée de presse
le 26 Septembre 2017
Cause toujours !

[In treatment - Netflix]

 

Quel attaché de presse n’a jamais été accablé par l’idée de « relancer » des journalistes, ou stressé de répondre à leurs questions ? Quel journaliste n’a jamais été importuné par le dérangement provoqué dans le premier cas et par la frustration ressentie par les réponses ­­— ou l’absence de réponses — dans le deuxième ? Il y a tant de causes possibles : les circonstances, l’humeur, le temps, une maladresse, un non-dit, une erreur d’aiguillage…

Mais en dépit des contraintes et des vicissitudes inhérentes, la pratique « relationnelle » représente l’intérêt, l’espace de créativité et la valeur ajoutée des RP. Je constate plus que jamais une attente forte de mes donneurs d’ordre sur la prise en charge des relations avec les journalistes, car ils sont conscients du savoir-faire et du temps qu’il faut y consacrer, donc du retour sur investissement.

 

Bien évidemment, pour que la relation soit stimulante et productive, la cause défendue est toujours essentielle. Pas forcément une belle et grande cause — qui ne peut être que très rare ou discutable — mais une cause légitime, portée, argumentée. Y compris en situation de crise. Ainsi une de mes meilleures expériences en la matière a été avec une journaliste d’un magazine people qui enquêtait sur un incident de la route insolite et trash mais sans gravité, pouvant mettre en cause un de mes clients dans l’industrie. Outre les intérêts de la société à défendre, nullement responsable sur le terrain, il s’agissait de protéger l’anonymat du chauffeur de camion sous-traitant qui avait répandu sur la chaussée une partie de son chargement peu ragoûtant… Cet argument a, il me semble, alors été entendu. Seule une photo un peu saisissante en double page a été publiée. Sans désignation, qui aurait été totalement inutile d’ailleurs, de l’industriel et du chauffeur. Depuis je considère qu’aucun sujet, aucune situation et aucun media ne sont à rejeter, à condition de ne pas se lancer dans le vide (cause toujours), sans cause, ni effet.