Guillaume Rieth
| Tendances prédictives et analyses incisives
Planneur stratégique free-lance
le 5 Mars 2013
De l’humilité pour faire face à l’indifférence

 

L’arrogance du langage et de la rhétorique du marketing post-digital me sort trop souvent par les yeux pour m'abstenir de vous en parler. Si je vous dis « Fans, avocats, engagement, communautés, collaborations, consomm'acteur, relation, love-brand, etc. » vous comprenez mieux l’idée ? Pas que je suis un réactionnaire ou un vieux con de la pub avant l’heure, mais que tous ces mots-concepts très dans l'ère du temps ne sont qu’un simple mirage. Un réenchantement fantasmé par des marketeurs/publicitaires bercés par ces douces et flatteuses illusions.

 

Je ne veux pas passer pour un moralisateur mais disons que la mobilisation nécessaire pour obtenir 30 likes et 10 commentaires sur une fan-page m’a toujours dépassé. On se sent vraiment mieux à la fin de la journée ?
De la même façon, le succès des MDD dans les produits de grande consommation m’a toujours permis de relativiser l'importance des marques dans nos vies. Ou de savoir qu’une majorité de personnes resterait indifférente si 70 % des marques venaient à disparaître. Ou encore ce chiffre, et celui-ci.
Au fait, est-ce la marque TipEx qui a fait la réussite de sa campagne virale de l’ours et du chasseur ou bien la force créative et le pouvoir divertissant de ce dispositif ? Pardonnez ma vulgarité, et si dans le fond les gens n'en avaient rien à foutre des marques ?

 

A quelques exceptions près, nous consommons bien moins des marques que des produits. Nous sommes davantage des utilisateurs ou des spectateurs que des consommateurs/ambassadeurs impatients de découvrir le dernier dispositif « so 2.0 » de telle ou telle marque.
Oui mon côté pragmatique et factuel m’a toujours laissé sceptique face à l’abondance de ces campagnes anecdogeeks. Et je me suis bien souvent senti seul face à ces nouvelles conventions communicationnelles.

 

Mais c’était sans compter sur la lecture fortuite de ce slideshare rédigé par Wieden + Kennedy Amsterdam venant corroborer ma pensée. Si les pays nordiques ont la réputation d’aborder les choses différemment dans de nombreux domaines (design, services, éducation, etc.), ce postulat semble se confirmer une nouvelle fois.
Je vous invite donc à ouvrir votre esprit et lire attentivement la petite centaine de slides de cette présentation. Gare aux désillusions ! Sans vouloir trop vous en dévoiler, vous apprendrez notamment que :

  • les campagnes de pénétration génèrent plus de ventes, de parts de marché et de profits que celles de fidélisation
  • la raison n°1 pour laquelle les gens interagissent avec une marque sur les réseaux sociaux est pour obtenir des remises sur les produits
  • 72% des buveurs de Pepsi boivent aussi du Coca Cola
  • 61% des pros du marketing estiment que les gens suivent des marques sur les réseaux sociaux pour faire partie d’une communauté, mais seuls 22% des principaux intéressés le font pour cette raison…
  • la santé financière d’une marque dépend davantage d’acheteurs uniques générant bien plus de volumes dans une année que les acheteurs dits fidèles.
     

Comme le rappelle très bien cette présentation, le vrai défi n’est pas de générer de l’enthousiasme mais de dépasser l’indifférence. Et cela, grâce à une bonne dose de créativité et d’humilité.
 

«  Indifferrence is the strongest force in the universe » - Joan Vinge.

 

Bonne lecture à tous !

 

 

[1]
Georges CHAPUIS - le 23 Mars 2013 à 13:07

Merci de nous alerter sur ces 100 slides de Wieden+Kennedy, une de ces agences qui font avancer les choses comme Mother, BBH, Sid Lee. Les étudiants et tous ceux qui font ce métier devraient les lire religieusement.

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