Cecilia Vendramini
| Je parle donc je suis (et parfois je pense aussi)
Consultante, formatrice, enseignante
le 14 Juin 2018
Aujourd’hui, on plante le décor

 

Cher lecteur,

 

Je me présente, Cecilia Vendramini, je suis nouvelle venue parmi les chroniqueurs d’InterMédia. J’œuvre comme consultante, formatrice et enseignante. Séparément, en théorie, mais je mélange volontiers les genres ;) Mes thèmes de prédilection tournent autour de la gestion de la prise de parole en public, des communications délicates (com de crise et conduite du changement, notamment) et de l’éthique. Ici, c’est surtout pour disserter sur la gestion de prise de parole en public que je saisirai le clavier. Vos commentaires sont les bienvenus, of course.

 

Pour lancer le sujet, je dirais que le terme convenu de « prise de parole » est un peu réducteur, car il cantonne généralement à la forme (ça commence mal !). Si l’on est d’accord pour dire que la prise de parole est une action de communication, alors comme toute action de communication, la prise de parole est porteuse de message.s — 1er jour de cours de n’importe quel cursus de communication. Autrement dit, la prise de parole est d’abord une question de fond avant d’être une question de forme. Oui, alors, je sais, écrit comme ça, c’est évident. Tant mieux.
Donc, premières questions à se poser avant de prendre la parole : Comment raconter l’histoire ? NON. Comment occuper l’espace ? Encore NON. Comment être impactant ? Toujours NON.
En fait, les deux questions à se poser avant toute prise de parole sont : quel.s message.s (au service de la stratégie) dois-je porter ? Et, qu’est-ce que la.les personne.s en face de moi ont envie/besoin d’entendre pour être convaincue.s ? Maintenant, et seulement maintenant, on peut s’interroger sur le principe narratif et sur l’oralité.

 

En réalité, je vois deux grandes familles de communication : la communication de marque (et son cortège 360) et la prise de parole (mère des relations publics). Pourquoi pointer cette distinction ? Je m’explique.
Quand une marque prend la parole, elle engage la marque (jusque-là, ça va). Quand une personne prend la parole : elle engage non seulement la marque/l’entreprise mais elle s’engage aussi à titre personnel. (L’affirmation vaut from the Worldwide CEO of the Corporate Corporation jusqu’au troisième assistant de la stagiaire.). Et à l’heure de la perte de confiance dans la marque/l’entreprise, de la quête de sens, du besoin d’engagement, c’est aussi de là que la prise de parole tire sa force de conviction : au-delà d’une organisation très conceptuelle, d’une marque très virtuelle, quelqu’un s’engage personnellement. Techniquement, cela pose deux questions. Comment faire de la prise de parole un exercice gagnant-gagnant pour la marque ET pour le porte-parole ? Peut-on prendre la parole si l’on n’est pas convaincu ? — réponse non… mais il existe des solutions. ;)

 

Pour finir, je rappellerai qu’à moins d’annoncer qu’Elon Musk calque son plan de rémunération sur celui des entreprises de l’Économie Sociale et Solidaire ou que Donald Trump devient un militant anti-armes à feu, en communication la forme impacte plus que le fond. Non, ce n’est pas contradictoire avec le premier paragraphe !! C’est juste une raison de plus pour définir le fond clairement et faire de la forme une expression du fond.

 

Autrement dit, si l’on veut faire passer un message, il faut, un, l’avoir identifié et argumenté (fond), deux, le verbaliser (principe narratif), trois, le porter physiquement (oralité). La forme porte le fond. La boucle est bouclée.

 

Ouf !