« La communication est un métier passionnant mais usant »

1999
Dircom de Conflans-Sainte-Honorine (78)

 

2005
Dircom interne du Grand Lyon

 

2008
Dircom adjointe de la Ville de Villeurbanne (69)

 

2012
Dircom de l’Université Jean-Monnet (Saint-Étienne)

 

Michèle Busnel
Dircom de l’université Jean Monnet (Saint-Étienne)

 

La communication, vocation ou hasard ?
« Plutôt qu’une vocation, c’est une évidence qui m’est apparue très tôt. Mon premier contact avec ce métier remonte à mes quinze ans, quand j’ai lu le livre de Jacques Séguéla « Ne dites pas à ma mère que je suis dans la publicité, elle me croit pianiste dans un bordel ». C’était juste avant l’élection de Mitterrand, dans les grandes heures des fils de pub. Séguéla y parlait de gros budgets, de cette frénésie autour des publicitaires. C’était un métier où l’on avait l’air de s’amuser. Et puis, il y a eu la campagne de 1981 et la naissance de la «Force tranquille ». C’est ce qui a éveillé mon intérêt pour la communication politique.»

 

Votre meilleur coup de communication ?
« Je suis assez fière de ce que l’on a réussi à faire avec la nouvelle identité de l’université Jean-Monnet. Nous avons redonné de la visibilité à l’établissement. En interne, il y a eu une véritable adhésion au projet. Ce n’était pas gagné d’avance, car l’université est composée de nombreux établissements avec leur culture propre. »

 

Votre plus gros flop ?
« Récemment, nous avons tenté de fédérer les étudiants autour du lancement d’un Mooc sur l’insertion professionnelle. Nous avions fait venir une ligue d’improvisation et préparé une tartiflette géante en pensant flatter leurs estomacs. Finalement, cela n’a pas été un succès et nous avons mangé de la tartiflette pendant deux jours. La difficulté avec les étudiants, c’est qu’il s’agit d’un public hétérogène et volatile, donc très délicat à cerner et à mobiliser. »

 

Peut-on faire de la communication toute sa vie ?
« À mon avis, ce n’est pas conseillé ! (rires) Plus sérieusement, je répondrais oui dans la mesure où c’est un milieu très évolutif et qu’il est possible de ne pas s’y ennuyer. Et je répondrais non parce que la communication est également un métier de tensions dans lequel il faut surtout faire attention à ne pas devenir un simple faiseur, c’est-à-dire quelqu’un qui reproduit toujours les mêmes recettes. Travailler dans la communication nécessite une forte adaptabilité, une forme de plasticité ainsi qu’une certaine endurance. Il faut savoir être à la fois sprinteur et coureur de fond. C’est un métier passionnant mais usant. »

 

Quel regard portez-vous sur les jeunes communicants ?
« Je les trouve très polyvalents. Ils ont une capacité d’appropriation immédiate des outils et sont très vite opérationnels. Mais ce qui m’est cher avant tout, c’est la culture du contenu. Or les jeunes communicants sont plus à l’aise sur l’outil, l’usage et la rapidité que sur la nature du message. »

 

La première chose que vous faites en arrivant au bureau ?
« Comme j’ai déjà lu mes mails chez moi, je fais ma revue de blogs. J’ai une hit-list de cinq ou six blogs, aussi bien professionnels que de loisirs, que je suis quotidiennement. »

 

 

Si vous n’aviez pas fait de communication ? 
« Je suis à peu près sûre que j’aurais fait du journalisme. Quand j’étais jeune, mon héros était le chroniqueur judiciaire Frédéric Pottecher, qui a couvert tous les grands procès du XXe siècle. Aujourd’hui, j’aime beaucoup les portraits que signe Luc Le Vaillant dans Libération. »