« Il faut dire aux jeunes que le papier n’est pas mort »

1995
Chargée d’études à l’Orep de Picardie (Amiens)

1997
Chargée de mission communication à la CCI de Valenciennes

2000
Responsable communication sponsoring cycliste de Cofidis (Lille)

2009
Dircom de VINCI Construction France à Lyon

Laurence Ehrmann
Directrice de la communication de VINCI Construction France à Lyon

 

La communication, vocation ou hasard ?
« Un peu des deux. J’ai fait des études de sciences économiques tout en m’intéressant à la communication. J’avais même envisagé de faire le Celsa. Finalement, c’est mon premier job qui m’a mis le pied à l’étrier : un poste de chargée d’études dans un observatoire économique régional, où j’ai commencé à m’occuper un peu de communication. »

 

Meilleur coup de communication ?
« C’était pour le Tour de France, en juin 2007, lorsque je travaillais chez Cofidis. Nous voulions dévoiler la composition de notre équipe. Et nous avions choisi de le faire sur Second Life, ce site où on évolue dans une société virtuelle, très tendance à l’époque. Nous avions acheté une île et organisé des courses virtuelles. L’opération, une première dans le cyclisme, avait généré de grosses retombées médiatiques. »

 

Pire souvenir ?
« L’organisation pour un service interne de VINCI, qui n’avait pas tenu compte de mes avertissements, d’un point presse un vendredi soir, veille d’un long week-end. Bilan : un seul journaliste ! »

 

Qu’est-ce qui vous inquiète le plus dans l’évolution de votre métier ?
« Que tout devienne communication. On mélange communication et échanges entre personnes. Et quand on ne se comprend plus, on accuse “la com” ! Il faut revenir aux fondamentaux et mieux cibler. Quand l’information circule mal, ce n’est pas toujours le rôle de “la com” qui est en cause, mais peut-être celui du manager. »

 

Comment trouvez-vous les jeunes communicants ?
« Plutôt enthousiastes. Ils ont un regard neuf, un grand appétit pour le digital et sont très tournés vers les outils. Les dircoms ont encore un rôle à jouer pour leur apporter cohérence, méthode et sens. Et leur rappeler que le papier n’est pas encore mort. »

 

Êtes-vous plutôt diesel ou Ferrari ?
« Je suis plutôt tournée vers l’action, donc dans une dimension de rapidité. Mais je suis parfois aussi diesel, quand il faut savoir s’armer de patience pour mener à bien certains sujets. »

 

Quelle image renvoyez-vous à votre équipe ?
« Quelqu’un de dynamique, efficace, accessible et souriante. Ma porte est ouverte et je réponds à tous, car je suis dans une position transversale. » 

 

 

Le profil du collaborateur idéal ?
« Il doit être curieux, ouvert, s’intéresser à plein de choses, suivre le rythme, faire des propositions et prendre des initiatives. »

 

Peut-on faire de la communication toute sa vie ?
« Je pense que oui, parce qu’elle couvre un champ très large et varié : communication interne, externe, événementielle... Elle mêle création, organisation et relationnel. Et surtout, elle est en constante évolution. Enfin, communiquer, c’est aller à la rencontre des autres, être curieux. »

 

Où serez-vous dans cinq ans ?
« Je ne sais pas, mais sûrement toujours dans la communication. » 

 

Et si vous n’aviez pas fait de communication ?
« J’aurais continué à faire des études économiques. Mais toujours dans l’action. J’aurais pu être enquêtrice ou commissaire de police ! »