« Un aménagement urbain ne se vend pas comme un produit »

1975
Naissance à Mazamet (81)

 

1996
Master relations internationales - IEP Aix-en-Provence

 

1999
Licence en histoire de l’art

 

1999
Chargé de communication projet urbain Euroméditerranée

 

2006
Chargé de communication à la ville de Saint-Étienne

 

2012
Chargé de communication au Grand Lyon

 

2015
Directeur de la communication chez SPL Lyon Part-Dieu

Guillaume Bruge
Directeur de la communication du projet Lyon Part-Dieu

 

La communication, vocation ou hasard ?
Après mes études en sciences politiques puis en histoire de l’art, mon premier poste au sein de l’établissement public d’aménagement Euroméditerranée à Marseille m’a amené à la communication. Du coup, j’ai aujourd’hui une vision de la communication publique et urbaine, avec un volet de concertation et de
marketing. Après avoir accompagné la communication des Rives de Saône au Grand Lyon, je supervise depuis 2 ans la communication du projet urbain Lyon Part-Dieu. Il s’agit de repenser tout l’aménagement de ce quartier d’affaires et de loisirs.

 

Meilleur coup de communication ?
La communication autour de la démolition de la tour Plein Ciel à Saint-Étienne. Nous avons travaillé six mois en amont avec les associations pour accompagner l’évacuation des habitants et créer un événement le jour J qui leur permette de ne pas vivre la démolition comme un traumatisme, mais comme une nouvelle étape de leur vie. Grâce à la communication, nous rappelons que les bâtiments sont détruits, mais pas la mémoire… Ici, nous frôlons la médiation sociale.

 

Plus grosse difficulté ?
Il demeure difficile de mobiliser les jeunes générations. C’est regrettable, car bien souvent les projets sont conçus pour eux. Pour le projet Part-Dieu,nous axons la communication sur le numérique notamment les réseaux sociaux, espaces publics en ligne. Nous organisons aussi des visites urbaines avec des instagrammers.

 

Quel regard portez-vous sur les jeunes communicants ?
Ils sont dans l’instantanéité. Sur des projets urbains, le temps est souvent très long. Entre la première réunion et la livraison, il peut s’écouler plusieurs années !

 

Quelle image ont vos collaborateurs de vous ?
Celle d’un médiateur, aussi bien en interne qu’en externe. Il faut savoir jongler avec des acteurs très divers : une délégation d’architectes le matin, des commerçants touchés par les travaux… Le rôle du dircom est de juger ce qui est prioritaire. Je pratique un management collaboratif, mais dans les périodes d’urgences, il faut être plus directif.

 

Quel est le profil du collaborateur idéal ?
Quelqu’un de très souple. En effet, dans un projet urbain, la communication change de cible et de temporalité en permanence. 

 

Votre patron comprend-il quelque chose à la communication ?
Oui complètement. Le directeur de la SPL, Ludovic Boyron endosse un rôle de communicant quand il promeut le projet auprès des décideurs et des élus. Nous faisons un point sur la stratégie globale chaque semaine.

 

Peut-on faire de la communication toute sa vie ?
À chaque fois que je change de poste, je me le demande. Je m’étais dit que ce ne serait pas le cas, or je suis dans la communication urbaine depuis 20 ans. Chaque ville, chaque territoire a des enjeux et des acteurs différents… C’est passionnant d’être au service d’un territoire.

 

Plutôt Diesel ou Ferrari ?
Je préfère le vélo ! Le changement de braquet me correspond davantage. Quand nous montons sur un vélo, nous accompagnons la route (qui peut être le projet urbain), il y a parfois des côtes, des descentes… Tout est dans la gestion de la vitesse.

 

Est-ce qu’il y a des gens qui pensent que la communication ne sert à rien ?
Ah oui ! Certains disent que ce sont des dépenses inutiles. Je ne le crois pas. Pour réussir une concertation, il faut une bonne communication avec des objectifs et des cibles définies. Tout cela nécessite forcément des moyens…

 

Si vous n’aviez pas fait de communication ?
Je travaillerais dans une ambassade ou dans l’histoire de l’art. Finalement, dans la communication urbaine je retrouve le lien au patrimoine et à l’architecture. Nous nous posons la question de la continuité historique du quartier de la Part-Dieu qui existe depuis 60 ans.